Je
suis né en 1973 à Sarajevo en Bosnie. Je suis dessinateur
et chef de la sécurité au Sheraton Hôtel à Bruxelles.
Nous sommes à Sarajevo en 1992 et la guerre éclate.
Mon innocence et mon adolescence dorée prennent fin brutalement.
J’ai 18 ans et le sentiment que ma vie s’arrête.
Mon pays se déchire et je décide de m’engager
dans l’armée bosniaque pendant 18 mois. Après
ma démobilisation, je me rends compte qu’il faut témoigner
auprès de la communauté internationale pour sauver
le pays. Quel moyen plus noble que le sport pour le faire ? À 10
ans, j’ai des prédispositions pour le karaté et
mon avenir sportif semble radieux. En 1994, à Prague, nous
défendons notre titre au Championnat d’Europe, et là,
la dernière route praticable pour retourner à Sarajevo
se referme. L’agresseur envahit la Bosnie et annexe le territoire.
Nous sommes exilés de force. Quelques pays amis nous invitent.
Comme j’ai une cousine en Belgique, le comité olympique « m’arrange » la
possibilité de venir y vivre.
En arrivant ici, en 1994, je suis perdu, je traîne sans but
avec des réfugiés. Je décide de reprendre mes études
et surtout le sport, ce qui me permet de rentrer dans la sélection
belge de karaté. Je décroche une troisième place
au Championnat d’Europe en 1997. (…)